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dimanche 8 juillet 2018

collection été 2018

Vous aussi vous êtes collé-e-s à votre ventilateur ? Pour bien débuter ce premier mois de chaleur sans s'assécher le ciboulot, je vous propose quelques lectures 
( je suis à la bourre ) du mois de Juin. Prêt-e-s ? Transpirez !
Pour débuter, toi qui n' a pas encore lu Pierre Lemaître, cours tout de suite emprunter 
  •  Au Revoir là-haut.
 
 À force qu'on me tanne j'ai fini par le commencer dans le train et j'ai dévoré les 400 premières pages (enfin la moitié) sans même avoir l'idée de dépenser 3€ pour un café ! Tout le monde sait à peu près de quoi parle ce bouquin donc je ne m'étends pas mais Lemaître a une finesse dans la psychologie de ses personnages et une puissance pour nous faire entendre, goûter, voir, ressentir à la fois l'horreur de la 1GM mais aussi la douceur éternelle de la vie.

Une petite phrase qui m'a particulièrement marquée que je vous cite de mémoire. La guerre est finie. Albert est invité par la richissime famille d' Édouard, son ami rencontré sur le champ de bataille qui se fait passer pour mort. Lorsqu'Albert pénètre dans le hall d'entrée de l'hôtel particulier du parc Monceau, il rencontre la bonne  et se dit :
« Tout est beau chez les riches, même les pauvres ». J' en profite aussi pour faire la publicité de tous les polars de Pierre Lemaître.
J' ai adoré / dévoré ces 2 là :



  • Mon deuxième coup de cœur est un thriller Psychologique, un roman dont on a énormément entendu parlé. Il s'agit de
D' après une histoire vraie de Delphine de Vigan. 

Je suis sortie chamboulée de cette lecture car incapable de faire le tri entre ce qui relevait de la fiction et de l'autobiographie. 
De Vigan se met donc en scène dans cet écrit. Elle, l'écrivaine parisienne qui mène une vie paisible, souffre du syndrome de la page blanche. Un soir, lors d'une soirée arrosée chez des amis où elle ne se sent pas à l'aise, elle fait la connaissance de L. Cette rencontre, on le sent dès le début de la lecture, présage du pire. Une amitié va se lier? Une amitié toxique à esquiver ? Pas si simple. Vigan nous livre ses angoisses de femme, d'écrivaine et de mère vieillissante avec une véracité qui me fait dire que dans toute fiction, une part de vérité siège indéniablement. Je vous le conseille !

  • Un dernier coup de cœur que j'ai découvert grâce à ma voisine de ouigo ! Alors que je lui offre ma tarte aux pommes, elle me remercie en m'offrant son bouquin, qui m'assure-t-elle est passionnant. Il s'agit de
Tropique de la violence de Natacha Appanah.
Je ne suis pas surprise que le roman ait été récompensé par de multiples prix littéraires ( 13 au total ! ). Dès les premières lignes, le lecteur est embarqué à Mayotte. Bien loin du club med, on y découvre une jeunesse à l'abandon, qui crève la dalle et qui fait régner un climat de violence insoupçonnable. Le livre se découpe en plusieurs parties que vont se partager chaque narrateur. Tantôt Moïse, ce jeune adopté  qui ne trouve pas sa place sur cette île et qui va choisir sans vraiment la choisir la voie de la destruction, tantôt Marie sa mère adoptive, tantôt Bruce, cet ado à qui le directeur de l'école propose un enseignement adapté et qui devient chef de gang, tantôt Stéphane. Stéphane est français et choisi suite à sa passation de diplôme pour devenir responsable de projets humanitaires , de demander et d'obtenir sa mutation à Mayotte. Il nous fait part de son incapacité à aider ces jeunes sur le long terme. Oui il a ouvert une « petite maison de la jeunesse », oui il y a quelques livres et des projections de films en plein air. Mais personne n'est dupe. La France ne fait rien et laisse crever ses citoyens. Mayotte tout le monde s'en fout. C'est loin et puis y'a la mer donc bon ça doit pas être si pire. Stéphane est rongé de culpabilité, lui qui va rentrer en France les poches pleines de biftons et une exonération d'impôts. Moi non plus je ne fais rien pour eux et ce n'est pas en lisant ce bouquin que ça va changer grand chose mais je crois qu'il est temps d'ouvrir les yeux sur la responsabilité de notre pays et de faire découvrir cette dure réalité décrite par N Appanah au plus grand nombre. Vous ne le savez pas mais Gaza est le surnom donné par les habitants de Mayotte à leur île.....


  • Une collègue m'a prêté La tresse de Laetitia Colombani. 

3 destins de femmes 3 époques 3 histoires. L'une est indienne, l'autre américaine et la dernière italienne . Chacune de ces histoires se relient autour d'un fil que je vous laisse découvrir. Un très bon roman mais qui manque un peu d'envergure. Il aurait mérité d'être étoffé et je suis restée un petit peu sur ma faim.





  • Les deux derniers bouquins que j' ai un peu moins aimés.
Le potentiel érotique de ma femme, bien écrit mais je suis totalement passé à côté même si j'ai souri à de nombreuses reprises, cette histoire d'homme qui collectionne tout et n'importe quoi puis qui tombe amoureux.... bof bof

Un cri sous la glace est un polar suédois , ni bon ni mauvais mais ….Rafraîchissant tout de même ! 
 
Allez je me recolle au ventilo ! Bonnes lectures

jeudi 10 mai 2018

Hommage aux femmes : cinq ans de métro.

Bonjour à tous,
Aujourd'hui je vous promets de faire court mais très intense. Je tiens à rendre hommage au superbe bouquin de Fred Alpi qui vient de paraître aux éditions Libertalia en ce joli mois de mai 2018 : Cinq ans de métro.
toutes les infos en lien ici
Dégustez-le, offrez-le, relisez-le. C'est un petit bijou musical, littéraire qui nous pète un peu au visage quant à sa cruauté sociale.
Vous avez peut être croisé Fred à la Parole Errante, à la Comédia, au CICP bref c'est quelqu'un de bon goût. En plus d'être hyper sympa, de savoir super bien jouer de la musique, de chanter en rythme dans les manifs (croyez-moi c'est loin d' être évident), M Alpi écrit vraiment bien. Son style urbain est naturel, jamais vulgaire et terriblement humain.
Ça va vous paraître peut être surfait mais j'ai décidé lire cinq ans de métro uniquement lorsque j'étais (allez je vous laisse deviner) dans le métro !
17 chapitres pour 17 trajets (souvent la ligne 3 pour moi) où Fred nous raconte son histoire, sans jamais se prendre au sérieux avec beaucoup d'humilité et de sensibilité. Après avoir démissionné d'une boîte de comm ( et de cons ) , Fred décide de descendre dans le métro pour y interpréter les grands classiques de la chanson française afin de pouvoir continuer de payer son loyer rue Tiquetonne. Son récit autobiographique date du début des années 90 mais tout y est encore d'actualité.
La vie qu'il mène dans le métro apparaît comme révélateur du monde aérien qui nous entoure et qui nous asphyxie toutes et tous , surtout à Paris je pense. L'état d'urgence déjà instauré , une présence policière violente omniprésente (pour soit disant sécuriser les réseaux), les fachos en tous genres, la drogue, la prostitution. 
Beaucoup d' évènements relatés m'ont bouleversée.

Le premier est sans contexte sa rencontre avec Michel. Il a pris la peine de lui serrer la main, d'en apprendre un peu plus sur lui sans jamais mettre le lecteur mal à l' aise et sans condescendance aucune.
Car oui j' ai honte mais je suis déjà sortie d'un wagon pour échapper à la puanteur d'un sdf pour monter dans un autre wagon. Première rencontre déterminante avec Michel p.83 dont voici un court extrait :
«  Moi c'est Michel […..] J'ai l'impression q'les gens y'me voient même pas. Et ça fait longtemps que j'ai pas serré la main de quelqu'un.

- Ils ont peur, ou savent pas quoi dire ; Et puis, ils se parlent pas entre eux non plus, hein. Le métro c'est pas vraiment un endroit où on se fait facilement des copains. ».

La deuxième chose qui m'a énormément plu, c'est la dimension féministe de cette autobiographie.
kombini : vers une sensibilisation ?
Le manspreading, le harcèlement dans le métro ou au travail sont des formes de violences endémiques que nos politicards s'empressent de s'octroyer en créant des ministères en tous genres. Marlène Schiappa va te p***** toi qui intègre un gouvernement qui en ce moment même débat sur l'âge de non consentement en cas de viol (justice en carton bonjour) car non pour ma part il ne devrait jamais y avoir aucune limite d'âge en matière de viol.

Fred explique avec justesse et justice que les hommes sont violents (et l'ont toujours été) avec les femmes. Beaucoup insultent et se frottent aux gambettes des jeunes demoiselles tandis que lorsqu' une jambe poilue les effleurent, ils s'offusquent en prenant un air dégoûté. Fred a déjà arrêté de chanter dans le métro lorsqu'il assiste à ce genre de scène. C'est très loin d' être un exploit partagé, cela devrait être normal selon lui et selon moi.
Il a lui aussi été considéré comme un objet sexuel dans le métro et l'a très mal vécu. Alors qu'un homme lui fait des avances sexuelles insistantes, F.Alpi fait comme toutes les femmes qui se font emmerder dans le métro, Il détourne la tête en espérant que l'individu lui lâche la grappe, cesse de respirer et il regarde ses pieds en espérant que ce trou du fion descende avant lui. Cela fait bizarre de lire cela de la plume d'un homme... car il n'écrit pas cela pour se plaindre de sa condition d'homme malmené à occasion unique, il écrit cela en hommage-témoignage en expliquant qu'il ne sait pas comment les femmes font pour supporter cela quotidiennement et que c'est de son devoir d'agir.
Merci de prendre la mesure de l'enfer que nous vivons chaque jour dans le métro.
Merci d'avoir le courage de s'interposer, de parler de réagir et de ne pas nous laisser dans la m***. Comme dans tous les systèmes patriarcats, ce sont les femmes qui sont touchées en premier par ces violences. 
Grâce à ce bouquin, je ne regarderai plus jamais de la même façon cette vie souterraine à laquelle j'assiste impuissante depuis 10 ans et où je vois défiler toute la misère humaine. Un changement de regard, juste un bonjour un sourire. Et c'est clair que dès que j'entends du Brassens ou du Django dans le métro ou ailleurs je n'hésite pas une seconde à donner une petite pièce. Je ne me leurre pas. Quand je donne deux euros à un migrant ou un marginal, c'est surtout pour soulager ma culpabilité de ne rien faire pour eux.