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samedi 28 juillet 2018

à lire jusqu'au bout !

Un petit post un peu bordélique pour vous parler de mes dernières lectures.

À Montparnasse en attendant l'annonce de mon quai au début de mois de juillet je me suis laissée tenter par le dernier Paula Hawkins : au fond de l'eau. 
(J'avais trouvé La fille du train sympathique mais sans plus.)

J'ai trouvé beaucoup plus de points positifs à ce second roman. Tout d'abord l' ancrage de l'intrigue à Beckfort, le village d'enfance de 2 sœurs que tout semble opposer depuis leur enfance Julia et Nel. Beckford est un lieu maléfique, angoissant, quasiment surnaturel où l'on plonge avec délice. L'eau est partout : obsédante, sinueuse et attirante à la fois. Julia n' a pas parlé à sa sœur depuis plus de 15 ans. Mais là, elle n'a plus le choix, elle va être obligée de retourner la voir .... à la morgue ! Son corps a été retrouvé dans l'eau et le verdict est sans appel : suicide ! La question pour Julia sera donc de comprendre pourquoi ? Le second point fort de ce roman est sont point de vue féministe. Si vous aimez les femmes extra-lucides, celles que l'on n' écoute jamais marmonner, les sorcières, les diablesses du Moyen-âge, les insoumises et les intellectuelles oubliées par l'histoire et par les hommes..... Plongez !



Je me suis ensuite attaquée non pas à la serpillière mais à La serpe de Jaenada. 
Comme tous les livres sur-médiatisés, je me suis méfiée mais ai finalement été séduite par l'écriture et le style direct de Jaenada ainsi que par le fabuleux destin de Georges Arnaud, alias Henri Girard, accusé d' avoir trucidé 3 membres de sa famille. Bien qu'acquitté, le doute de son innocence subsistera jusqu'à sa mort. Il y a donc cette intrigue principale décrite avec minutie et précision ( il faut quand même se fader 643p pour arriver enfin aux remerciements ) mais surtout en arrière plan, le récit de Jaenada sur ...Jaenada lui même. Lui le parisien bobo écrivain père de famille qui quitte sa zone de confort pour se rendre un siècle plus tard sur la scène de crime. J'ai adoré son autodérision. Lui qui débarque dans la cambrousse profonde et qui n'ose pas prendre une bière avant midi, lui qui a peur d'être ridicule en demandant son chemin, lui qui achète des barres chocolatées régressives ( genre malteser et petite brique de jus de raisin ) à la station service. Jaenada nous livre également quelques moments de complicité partagée avec Catherine sa femme et son fils Ernest ; notamment celui de la prise de sa température ( je vous rassure pas avec une serpe ! ) avec un thermomètre. Un petit défaut, ce livre que je qualifierai de biographie historico-policière est un poil de cul trop long.



J' ai emprunté au hasard Rue des fantasques, un polar de André Blancédité chez Jigal Polar.


Une plume très fluide, assassine, avec du rythme et des personnages taillés au cutter.

Simple et efficace, une découverte sympa.



Toujours par hasard j'ai découvert également la plume d'olivier Adam à travers son roman à l'ouest.

On ne lâche pas le bouquin avant de l'avoir terminé. Tout est dans le titre. 3 vies 3 destins qui ne tiennent qu 'à un fil. Marie mère célibataire de famille & de faillite également qui fait tout pour joindre les 2 bouts et élever décemment ses enfants : Antoine 19 ans et Camille 11 ans. Antoine passe son temps à attendre que la vie passe, il est bouffé par le malheur, boit de la vodka au lieu de passer son bac et crame ses neurones dans le joint. Camille tente d'apaiser son frère et de calmer les angoisses de sa mère. Ce petit être si particulier lit en cachette la bible sous la couette pour prier le salut de sa famille et oublier la cruauté de ses « camarades » de classe. Tout cela va prendre fin car dans la vie on a toujours le choix.


J' ai fini la semaine en beauté en lisant les 4 tomes des Bidochon


Robert & Raymonde, ce couple si cliché et pourtant si vrai si sensible. On en prend tous pour notre grade : le mariage, la virilité, la réussite sociale, notre amour de l'argent et du paraître, notre peur géante de la mort et de l'abandon, la répartition des tâches domestiques, la peur du ridicule !


Vive les Bidochon!

dimanche 8 juillet 2018

collection été 2018

Vous aussi vous êtes collé-e-s à votre ventilateur ? Pour bien débuter ce premier mois de chaleur sans s'assécher le ciboulot, je vous propose quelques lectures 
( je suis à la bourre ) du mois de Juin. Prêt-e-s ? Transpirez !
Pour débuter, toi qui n' a pas encore lu Pierre Lemaître, cours tout de suite emprunter 
  •  Au Revoir là-haut.
 
 À force qu'on me tanne j'ai fini par le commencer dans le train et j'ai dévoré les 400 premières pages (enfin la moitié) sans même avoir l'idée de dépenser 3€ pour un café ! Tout le monde sait à peu près de quoi parle ce bouquin donc je ne m'étends pas mais Lemaître a une finesse dans la psychologie de ses personnages et une puissance pour nous faire entendre, goûter, voir, ressentir à la fois l'horreur de la 1GM mais aussi la douceur éternelle de la vie.

Une petite phrase qui m'a particulièrement marquée que je vous cite de mémoire. La guerre est finie. Albert est invité par la richissime famille d' Édouard, son ami rencontré sur le champ de bataille qui se fait passer pour mort. Lorsqu'Albert pénètre dans le hall d'entrée de l'hôtel particulier du parc Monceau, il rencontre la bonne  et se dit :
« Tout est beau chez les riches, même les pauvres ». J' en profite aussi pour faire la publicité de tous les polars de Pierre Lemaître.
J' ai adoré / dévoré ces 2 là :



  • Mon deuxième coup de cœur est un thriller Psychologique, un roman dont on a énormément entendu parlé. Il s'agit de
D' après une histoire vraie de Delphine de Vigan. 

Je suis sortie chamboulée de cette lecture car incapable de faire le tri entre ce qui relevait de la fiction et de l'autobiographie. 
De Vigan se met donc en scène dans cet écrit. Elle, l'écrivaine parisienne qui mène une vie paisible, souffre du syndrome de la page blanche. Un soir, lors d'une soirée arrosée chez des amis où elle ne se sent pas à l'aise, elle fait la connaissance de L. Cette rencontre, on le sent dès le début de la lecture, présage du pire. Une amitié va se lier? Une amitié toxique à esquiver ? Pas si simple. Vigan nous livre ses angoisses de femme, d'écrivaine et de mère vieillissante avec une véracité qui me fait dire que dans toute fiction, une part de vérité siège indéniablement. Je vous le conseille !

  • Un dernier coup de cœur que j'ai découvert grâce à ma voisine de ouigo ! Alors que je lui offre ma tarte aux pommes, elle me remercie en m'offrant son bouquin, qui m'assure-t-elle est passionnant. Il s'agit de
Tropique de la violence de Natacha Appanah.
Je ne suis pas surprise que le roman ait été récompensé par de multiples prix littéraires ( 13 au total ! ). Dès les premières lignes, le lecteur est embarqué à Mayotte. Bien loin du club med, on y découvre une jeunesse à l'abandon, qui crève la dalle et qui fait régner un climat de violence insoupçonnable. Le livre se découpe en plusieurs parties que vont se partager chaque narrateur. Tantôt Moïse, ce jeune adopté  qui ne trouve pas sa place sur cette île et qui va choisir sans vraiment la choisir la voie de la destruction, tantôt Marie sa mère adoptive, tantôt Bruce, cet ado à qui le directeur de l'école propose un enseignement adapté et qui devient chef de gang, tantôt Stéphane. Stéphane est français et choisi suite à sa passation de diplôme pour devenir responsable de projets humanitaires , de demander et d'obtenir sa mutation à Mayotte. Il nous fait part de son incapacité à aider ces jeunes sur le long terme. Oui il a ouvert une « petite maison de la jeunesse », oui il y a quelques livres et des projections de films en plein air. Mais personne n'est dupe. La France ne fait rien et laisse crever ses citoyens. Mayotte tout le monde s'en fout. C'est loin et puis y'a la mer donc bon ça doit pas être si pire. Stéphane est rongé de culpabilité, lui qui va rentrer en France les poches pleines de biftons et une exonération d'impôts. Moi non plus je ne fais rien pour eux et ce n'est pas en lisant ce bouquin que ça va changer grand chose mais je crois qu'il est temps d'ouvrir les yeux sur la responsabilité de notre pays et de faire découvrir cette dure réalité décrite par N Appanah au plus grand nombre. Vous ne le savez pas mais Gaza est le surnom donné par les habitants de Mayotte à leur île.....


  • Une collègue m'a prêté La tresse de Laetitia Colombani. 

3 destins de femmes 3 époques 3 histoires. L'une est indienne, l'autre américaine et la dernière italienne . Chacune de ces histoires se relient autour d'un fil que je vous laisse découvrir. Un très bon roman mais qui manque un peu d'envergure. Il aurait mérité d'être étoffé et je suis restée un petit peu sur ma faim.





  • Les deux derniers bouquins que j' ai un peu moins aimés.
Le potentiel érotique de ma femme, bien écrit mais je suis totalement passé à côté même si j'ai souri à de nombreuses reprises, cette histoire d'homme qui collectionne tout et n'importe quoi puis qui tombe amoureux.... bof bof

Un cri sous la glace est un polar suédois , ni bon ni mauvais mais ….Rafraîchissant tout de même ! 
 
Allez je me recolle au ventilo ! Bonnes lectures

mercredi 2 mai 2018

Lectures en tous genre du joli mois d'Avril

Bonjour à tous
Pour honorer le retour du dieu soleil (le seul et unique existant que je vénère ) , et rattraper mon retard lunaire dans mes chroniques , je présente ce soir un joyeux bordel dans mes lectures jeunesse polar et même feel good. Ce dernier est un genre souvent dénigré par les supers chroniqueurs du masque mais comme déjà dit précédemment,  ils n' ont qu'à se la mettre bien profondément là où je pense.
Pour débuter un polar coréen emprunté par hasard à la bib : Sept yeux de chats. Cela débute à la manière des 10 petits nègres.  Six personnes tous âges et classes sociales confondus se retrouvent dans un petit chalet isolé de montagne. Le seul lien qui les unit est leur passion pour les grands psychopathes criminels et leur amour pour les polars. C' est bien là le génie de l auteur. Une fois l intrigue installée dans ce huit-clos angoissant , l auteur brouille les pistes. On ne sait plus vraiment qui est mort ? Qui incarne la raison ? Qui a de bonnes raisons de vouloir  réunir ces personnes en apparence communes et banales? . Ce polar est déroutant car chaque chapitre apporte sa dose de logique dans le raisonnement policier mais à la fois sa dose de folie et de cynisme concernant la nature cupide de l' homme avec un grand hache . Un roman malaisant qui flirte avec le genre gore surnaturel et …..horrible à la fois. 
Âme sensible s abstenir !!
Pour faire passer la croquette, deux romans feel-good qui font du bien au moral . J ai découvert Gilles Legardinier et je vous entends déjà râler ! Merci la littérature de gare c est pire que Musso. C est de la pâté pour chihuahua.  Petit un vous n'avez probablement jamais lu Musso ( moi si et c est un auteur qui a le mérite d être proche de ses lecteurs sans se prendre pour un Lacan Deleuze en puissance ). Petit deux la probabilité que vous ayez déjà goûté la nourriture de votre animal imaginaire est quasi nulle alors laissez tomber vos préjugés.  J ai tout bonnement adoré Complètement cramé . Déjà parce que le chat de la couverture nous offre une magnifique transition animale et a une grande importance dans le roman. Legardinier aborde un sujet doux et sensible. La vieillesse solitaire d'un homme d'affaire qui ne s'est jamais remis de la mort de son épouse. Ok jusque là ça peut faire chiant sauf que notre Andrew Blake décide de léguer la direction de son entreprise à sa secrétaire, de mettre un slip et une chemise blanche dans sa valise et de partir incognito au service d'une vielle femme en tant que majordome. Je ne sais pas ce que j’ai préféré entre l humour pince sans rire d’Andrew , les amitiés fragiles qui se nouent entre les membres du personnel ou la réflexion profonde sur le bonheur et le temps qui passe.  Je suis capable de lire les pires romans d angoisse sans ciller mais j'ai écrasé une larme à la fin de Complètement cramé car la relation dépeinte entre le père et sa fille est loin d'être exceptionnelle mais communément partagée par beaucoup d'entre nous.

J’ ai aussi dégusté Le restaurant de l'amour retrouvé d' Ogawa Ito. La plume bien particulière de l auteur nous emmène vers un véritable retour au source, lentement mais pas trop vite!  
 Rinto a tout perdu du jour au lendemain. Son fiancé indien a quitté l appartement en emportant absolument TOUT, même ses précieux ustensiles de cuisine. Heureusement, la jarre à saumure de sa grand-mère est toujours là. Rinco dépense ses derniers Yens pour retourner dans son village d'enfance, perdu dans la montagne. Elle y retrouve sa mère avec qui elle a du mal à communiquer, sans compter que sous le choc de sa rupture Rinco a perdu sa voix ( et promis elle n' a pas de chat dans la gorge). Elle va retaper l'arrière boutique du bar tenu par sa mère pour en faire un restaurant particulier. Je vous laisse savourer, sur fond gastronomique, cette réflexion profonde sur les relations mère-fille qui peuvent aussi finir bien.
Pour clôturer avec les romans, celui que l'on m' a prêté et qui m'est tombé des mains.... : l'amie prodigieuse. C'est bien écris mais c'est franchement trop académique et ça manque de lâcher prise . Je n' ai pas du tout envie de continuer la suite . Je ne comprends vraiment pas pourquoi tout le monde en chie une pendule.

Concernant les Bandes Dessinées, jetez-vous sur les 4 tomes des vieux fourneaux. 
Le tome 1 ( le plus abouti à mon avis ) est excellentissime. Imaginez une bande de retraités anarchistes et 68tards qui se retrouvent pour enterrer un des leurs à la campagne. Leur devise : ni Yeux ni maîtres. 
  Je n' en dis pas plus mais  c'est drôle, cinglant, rempli d'humour noir tout en étant sensible et doux à la fois.  J' ai aussi lu le premier tintin de toute  ma vie : Tintin au Tibet. Et je me suis dis : ouah qu'est ce que c'est bien écrit. Je compte bien continuer ( sauf celui au Congo ). 

Trois  petits albums qui font du bien  Momo,  Clémence évidence et Verte ( le fameux bouquin de Desplechin adapté ). Des visions enfantines mais matures sur le monde environnant, l'amitié, l'angoisse de la mort. Trois  bouquins à offrir à des grands CE2/1CM1/2 et même des adultes qui ne veulent pas perdre leur âme d'enfant: 

 J' en ai lus d'autres mais pour avoir une chance d'être lue jusqu'au bout, je m'arrête !  
Bonzaï







mardi 20 mars 2018

Des littératures pour voyager

Aujourd'hui, je vous présente deux romans coup de cœur que j' ai littérairement dévorés.

Le premier m' a été offert par une lectrice aguerrie que je remercie encore une fois vivement pour ce présent.
Il s' agit du chant des pistes de Bruce Chatwin, édité d'abord chez Grasset  en 2013  dans la collection Les carnets rouges, mais que vous trouverez également en poche ( un gros pavé tout de même).

Chatwin est cet écrivain voyageur, humble et poétique qui nous transporte en Australie. Il va suivre pendant quelques mois des sentiers poussiéreux et sinueux à la recherche du " chant des pistes" ou "songline". Ce serait selon la tradition aborigène le chemin de la terre, l'essence même du cosmos dans lequel l'humanité toute entière prend racine. Chatwin sépare son ouvrage en deux parties. 

Dans la première, notre aventurier anglais part à la rencontre des aborigènes et des habitants de lieux souvent tombés volontairement dans l' oubli. Une bière fraîche, un rocking-chair, un premier contact et Twain engage la conversation. Curieux mais jamais intéressé, il n' essaie pas d'imposer son point de vue européen ou ses coutumes occidentales car il a honte. Honte des violences coloniales et des massacres perpétrés par les anglais.  C'est donc un formidable ode à la vie, à la magie des légendes aborigènes et au voyage tant mystique que physique que nous livre ici Chatwin. 
La seconde partie se présente sous forme de petites anecdotes, de compilations philosophiques issues de ses anciens carnets de voyage . J'ai particulièrement apprécié les annotations de Chatwin sur sa condition d'homme blanc, élevé dans la tradition chrétienne qui se retrouve confronté à une autre manière de voir le ciel, le monde, les étoiles. Un très bel ouvrage à offrir de toute urgence aux amoureux du pays des kangourous, du kiwi et de la littérature de voyage.


Le second ouvrage qui m'a fait voyager est un polar recommandé par une amie qui publie sur  la page facebook Des livres Rances que je vous recommande chaudement en cliquant ici pour leur souhaiter une longue vie.
Il s'agit d'un  bon polar de Wiliam G. Tapply : dérive sanglante ; édité en 2007 chez Gallmeister. Ce prof de littérature, passionné de pêche, nous embarque dans le Maine, la région extrême nord-est des états-Unis.
On y respire l'odeur des plaines, on entend le clapotis des truites sauvages, on en vient même à sentir les aiguilles de pins frotter sous nos semelles de randonnée. Le lecteur fait très vite la connaissance de Stoney Calhoun, un être solitaire qui vit en ermite avec son cabot dans une petite cabane en bois. Sa passion vous l' aurez deviné :  la pêche, c'est pourquoi il réussit à se faire embaucher par Kate ( mon personnage préféré, une amazone ! ) jeune femme au caractère bien trempé qui tente de faire marcher son petit commerce dans le monde impitoyablement masculin qu'est celui de la pêche. Le passé douloureux de Calhoun se dévoile au fil des pages. C'est un amoureux des choses simples et des soirées à lire une énorme anthologie de la littérature américaine. Calhoun est amnésique suite à un grave accident dont il ne conserve aucun souvenir. Il souffre de certaines séquelles, notamment d'hallucinations visuelles plus que dérangeantes... Tout va basculer lorsque Lyle, son collègue et unique ami un peu hippie sur les bords se fait  assassiner... Je n'en dit pas plus mais ce qui est sûr c'est que vous aurez sans doute envie de découvrir la suite. L'auteur distille au compte-goutte mais avec ingéniosité des indices croustillants qui donne envie de suivre Calhoun dans ses prochaines aventures. Pour l' ambiance feutrée et la qualité des descriptions des paysages, je hisse dérive sanglante quasiment au même rang que  l'île des chasseurs d'oiseaux de Peter May

Bonne lecture sous la neige ! 







lundi 5 mars 2018

faiminisme : à corps et à ( le ) cri

Aujourd'hui deux chroniques qui n'ont en commun que le lieu de leur acquisition ! 

Juste avant une répé je m' arrête dans cette super librairie La Manœuvre pour acheter un polar dont j' ai beaucoup entendu parlé : Le cri.
Je sais que cette librairie a un rayon sur le genre / la sociologie et le féminisme assez bien achalandé.
Je craque et dépense 14 € supplémentaire au budget initialement prévu pour lire : 
Faiminisme: quand le sexisme passe à table de Nora Bouazzouni.
La couverture bien sûr me saute aux yeux mais l'auteure reste pour moi inconnue au bataillon. Je demande à la libraire : " Vous l'avez-lu ?". Elle me répond " non, mais c'est mon dernier je vais devoir le recommander.". Bon c'est parti. L'ouvrage est tout d'abord facile à lire mais un peu trop concis et surtout truffé de références indiquées par des petites *. Je ne dévoilerai pas le nom de tous les chapitres mais celui du chapitre 3 est réussi : "Patriarchie parmentier".
Il y a plusieurs idées que j' ai relevées tout au long de ma lecture qui m'ont interpellée. Des idées auxquelles j'avais plus ou moins songé mais sans pour autant me les expliquer. La lecture de cet ouvrage m'a permis une véritable prise de conscience mais pas aussi énorme que celle procurée par la lecture de Beauté fatale de Mona Chollet ( qui n'est cité qu'une seule fois !!!).
- les petites filles comprennent très tôt que pour avoir une chance de se marier elles doivent être minces. ( même si ça m’écœure c'est peut être vrai ). Elles doivent occuper le moins de place possible contrairement à votre voisin de métro ou de bus qui écarte allégrement les cuisses en lisant l'équipe ( oui oui je sais ça aussi c'est un cliché mais sachez que l' Equipe est LE quotidien le plus lu en France avec un électorat majoritairement masculin).
- les mamans, les grands-mères et leurs alter egos masculins servent plus de nourriture dans les assiettes des petits garçons que dans celles des petites filles. Je me rends compte que j'ai tendance à moins me servir que mon mec alors que j' ai tout le temps plus faim que lui.
- les femmes qui allaitent le font  plus longtemps pour leur garçons que pour leur filles. Et quand notre paroi utérine se retire sans qu'aucun spermatozoïde ne soit venu féconder un de nos ovules, nos mamans nous donnent de la viande de cheval, des lasagnes et du boudin car nous sommes " carencées"( à croire que Poppeye à défaut d'être féministe était avant-gardiste avec sa boîte en fer d'épinard ).
- Ce sont les femmes qui cuisinent les repas du quotidien mais ce sont les hommes qui détiennent la force agricole. Notons toutefois que la situation s'est améliorée puisque 37 % des salariés agricoles en France en 2016 sont des femmes mais leur surface agricole restent inférieures à celles de leurs homologues masculins.
( je n' avais JAMAIS songé à cela). Les inégalités se retrouvent bien à toutes les fourchettes.
- Un chapitre est également dédié aux cheffes étoilées. Nombreuses sont celles qui déplorent le message véhiculé par les critiques gastronomiques ( rédigées pour la plupart par des hommes) en parlant de la cuisine féminine comme "légère, diététique et  audacieuse" ou encore en parlant d'Anne-Sophie Pic ( 1*) : " on salue la simplicité toute féminine de sa cuisine". No comment car le guide Michelin ( le gros gaillard en forme de pneu ) ou le G&M n'évoquent jamais la cuisine masculine grasse et carnivore ! 
- J' ai beaucoup apprécié le dernier chapitre qui concerne le lien  entre le féminisme et le choix d'une alimentation végé ou carnée. Pendant longtemps, manger des graines était synonyme de """régime de bonne femme"""( je cite). Aujourd'hui, manger de la viande de bonne qualité est considéré comme un privilège, celui de l'homme sur l' animal et celui du riche sur le pauvre. Je ne vois pas pourquoi on irait genrer un choix de régime alimentaire.
Pour résumer, je souligne que ce premier ouvrage de Nora Bouazzouni est fichtrement bien documenté. J'aurais aimé qu'elle ail(le) un peu plus loin dans les liens entre féminisme et végétarisme ou encore entre le diktat de la minceur et la grossophobie qui n'est pas encore assez évoqué à mon goût.

Pour aller plus loin, le délicieux ouvrage de Gabrielle Dardier 
( éditions gouttes d'or ) :  On ne naît pas grosse.

 
 Et votre future bible de chevet si ce n' était pas déjà le cas :











J' allais presque oublier la seconde lecture dont je voulais vous parler.
Le cri de Nicolas Beuglet ( premier roman).
C'est un polar qui débute bien très bien ( trop bien même).
Sarah  Geringën est une  flic torturée  qui vient de se faire quitter après de nombreux essais infructueux pour tomber enceinte. Le soir de sa rupture, elle est invitée à se rendre en urgence dans un hôpital psychiatrique isolé. Un patient y a été retrouvé mort dans des circonstances étranges. Ce patient surnommé " 488", chiffre qu'il portait en cicatrice sur son front. Ce qu'il y a d'étrange à l' arrivée de Sarah c'est que les témoignages des infirmiers ne concordent pas et que l' administration hospitalière  ne sait rien de ce patient. Lorsque le légiste trouve la cause physiologique de la mort du " patient 488", l'enquête débute. 
J' ai été extrêmement déçue même si jusqu' à la page 250 j' ai été vraiment happée par l'intrigue. Puis tout bouscule car l'auteur quitte le thriller psy pour s'aventurer vers le genre d'espionnage scientifique et historique. 

à vous de jugez ! 



lundi 25 juillet 2016

En juillet, lis ce qu'il te plaît

Bonjour à tous, 
Comme pas mal d'entre vous me l'ont demandé, voici un petit billet sur les lectures ( lues et approuvées ) que j' avais emmenées lors de notre séjour en Albanie. 
Rassurez-vous, je ne dévore pas autant hors vacances scolaires mais vu que nous étions coupé du monde et du wifi, cela m'a permis de sérieusement attaquer ma Pile à lire.


  • Pour débuter, j' ai vraiment littéralement fondu pour cette trilogie éditée chez mon chouchou Acte Sud,séries noires . Il s'agit de l'oeuvre d' Eric Axel Sund : Les visages de Victoria Bergman.

Cela faisait un moment que le tome 1 me faisait de l’œil. La plume m' a aussitôt séduite. Deux auteurs masculins qui mettent en scène deux personnages féminins complexes et envoûtants.
Jeannette Kilhberg, inspecteure en chef mène l'enquête sur la découverte d'un jeune garçon au corps momifié. Elle sera aidée par la psychothérapeute Sofia Zetterlund qui a déjà beaucoup à faire pour suivre deux patients atteints de troubles de la personnalité multiples : Samuel Bey un réfugié de guerre en Sierra Léone et Victoria Bergmann, jeune femme ayant subit de multiples sévices sexuels depuis son enfance. 
Résultat de recherche d'images pour "persona les visages de victoria bergman"Les deux femmes vont unir leur intelligence pour explorer ensemble les méandres du psychisme humain. La toile qui se tisse peu à peu entre tous les personnages s'opacifie et se complexifie sans jamais perdre pour autant le lecteur. La chute du premier tome m'a réellement scotchée. Impossible de prévoir la suite de l'intrigue. Palpitant et tout en finesse avec une bonne dose de féminisme. Chapeau messieurs.  A vous les petits veinards qui n'avaient pas encore commencé, vous allez vous régaler ! 
Ce duo d' acteur m' a fait penser à la plume de Peter May, très fort lui aussi pour dessiner des personnalités originales et ambiguës à ses personnages. Quel ne fut pas mon plaisir que de découvrir que l'un  était ingénieur du son et l'autre musicien de post punk ! 



Résultat de recherche d'images pour "en finir avec eddy bellegueule"
  • Ma deuxième claque fut le court roman d' Edouard Louis éditions aux éditions du Seuil : En finir avec Eddy Bellegueule. Ce roman m' a été conseillé par mes anciens collègues de Lettres en me disant : Georgette on en a acheté 25 pour nos classes de troisièmes. Tu dois le lire. Bon je n'étais pas franchement convaincue vu le tapage médiatique qu'on en a fait mais je dois bien avouer que j'ai été bluffée.  Eddy Bellegueule s'appelle vraiment Eddy Bellegueule. Il va nous conter sous une forme autobiographique son enfance en Picardie. Eddy est différent : il est maniéré, n'aime pas jouer au foot et préfère de loin se déguiser en petite fille que de s'imaginer les embrasser. Il grandit entouré de ses parents et de sa  fratrie dans une région rurale de Picardie. La dureté de ce qu'il subit quotidiennement est décrite avec une telle  justesse et  précision  que le lecteur (  quel que soit son âge et son milieu social )  se sent concerné. Un scénario de Ken Loach à la française. En plus des crachats et des insultes homophobes dont il est la perpétuelle victime , Eddy nous dresse un portrait familial digne des Thénardiers. Un père alcoolique au chômage, une mère sans aucun filtre social ni once de jugeote, une sœur qui ne pense qu' à le caser avec un bon partie ! Eddy a bien du mal à trouver un sens à sa vie. La faim, le froid, l'insalubrité, le RSA, autant de facteurs qui viennent encourager l'espoir de notre héros du quotidien. Espoir de s'échapper de cette famille au sein de laquelle il faut se taire en mangeant, où la télévision est allumée dans chaque pièce, où réussir à l'école ne remplira pas le godet de pastis (sans eau ni glaçon cela va sans dire!). Une fresque sociale fracassante où chacun pourra retrouver des éléments de sa propre enfance, de son adolescence, de la découverte de son corps et des sexualités mais aussi du sentiment de honte qui peut très certainement nous avoir effleuré concernant le comportement de nos aînés.

    Résultat de recherche d'images pour "le gaffeur jean malaquais"
  • Ma troisième découverte est un bouquin conseillé par vous devinez qui. Il s' agit d'un livre récemment réédité, tombé aux oubliettes et remis sur le devant de la scène littéraire engagée. Il s'agit du Gaffeur de Jean Malaquais. Le gaffeur c'est monsieur tout le monde, vous et moi. Dans une société imaginaire, mais pas tant que ça, à la Orwell, M tout le monde ne réussit plus à introduire la clé dans la serrure de la porte d'entrée de son appartement. Perte de logement ? Perte d'identité ? Comment survivre lorsque l'on perd tout ? une fiancée qui disparaît, une augmentation qui vous fait perdre votre travail ?  Dans l'univers de Malaquais, c'est l'ensemble de la politique au sens noble d 'organisation de la cité qui est remise en cause. Ce roman est un OLNI : objet littéraire non identifié. Riche de Lewis Carroll, Kafka, et bien sûr Georges Orwell, le Gaffeur bouleverse par sa modernité. La délation est le mal de toutes les nations, mêmes dans une uchronie. Un auteur à découvrir. En plus, petite subtilité, les pages sont imprimées en vert ! Coïncidence ? je ne crois pas ! 



    Damnés par Palahniuk
  • Le délicieux Chuck Palahniuck nous plonge dans un univers subversif totalement déjanté comme à son habitude avec son petit roman : Damné Madison, 13 ans est morte. Elle nous raconte comment elle se retrouve en Enfers. Entre mythologies et critique de nos modes de consommation, Chuck est vraiment doué pour mettre le doigt sur nos angoisses les plus élémentaires : le deuil, la perte d'autonomie, la mort, la vieillesse. Tout est à la fois très léger et très sombre. J' ai particulièrement apprécié la description des parents de Madi, hippies multi-milliardaires, mangeant des muffins à la farine de quinoa, se trimbalant nus sous la climatisation, bourrés de coke avant de faire un discours humanitaire. Et cet enfer ! quel bonheur : imaginez un peu. Madi, accompagnée de ces acolytes (morts et anonymes ), va devoir se faire une place en enfer. Elle va découvrir à ses dépens le lac de sperme oublié et les montagnes d'ongles coupés. Heureusement Mady va trouver un travail en Enfer. Un qui dépeint bien le monde dans lequel on vit. Je vous laisse découvrir lequel. 










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  • Un petit dernier pour la route : Les jolies choses de Despentes. Un roman truculent, acide, noir, et terriblement enivrant. Vivi comme à son habitude nous dresse des portraits en perdition. Une vision intègre et sans jugement. Deux sœurs jumelles que tout oppose vont se retrouver le temps d'un concert foireux à Paname. Leurs existences s' en trouveront à jamais bouleversées non pas pour le meilleur mais bien pour le pire ! 











  • Cette fois c'est vraiment fini avec ces  deux petits flop , deux déceptions en matière de polar. 
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