Affichage des articles dont le libellé est littérature. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est littérature. Afficher tous les articles

samedi 28 juillet 2018

à lire jusqu'au bout !

Un petit post un peu bordélique pour vous parler de mes dernières lectures.

À Montparnasse en attendant l'annonce de mon quai au début de mois de juillet je me suis laissée tenter par le dernier Paula Hawkins : au fond de l'eau. 
(J'avais trouvé La fille du train sympathique mais sans plus.)

J'ai trouvé beaucoup plus de points positifs à ce second roman. Tout d'abord l' ancrage de l'intrigue à Beckfort, le village d'enfance de 2 sœurs que tout semble opposer depuis leur enfance Julia et Nel. Beckford est un lieu maléfique, angoissant, quasiment surnaturel où l'on plonge avec délice. L'eau est partout : obsédante, sinueuse et attirante à la fois. Julia n' a pas parlé à sa sœur depuis plus de 15 ans. Mais là, elle n'a plus le choix, elle va être obligée de retourner la voir .... à la morgue ! Son corps a été retrouvé dans l'eau et le verdict est sans appel : suicide ! La question pour Julia sera donc de comprendre pourquoi ? Le second point fort de ce roman est sont point de vue féministe. Si vous aimez les femmes extra-lucides, celles que l'on n' écoute jamais marmonner, les sorcières, les diablesses du Moyen-âge, les insoumises et les intellectuelles oubliées par l'histoire et par les hommes..... Plongez !



Je me suis ensuite attaquée non pas à la serpillière mais à La serpe de Jaenada. 
Comme tous les livres sur-médiatisés, je me suis méfiée mais ai finalement été séduite par l'écriture et le style direct de Jaenada ainsi que par le fabuleux destin de Georges Arnaud, alias Henri Girard, accusé d' avoir trucidé 3 membres de sa famille. Bien qu'acquitté, le doute de son innocence subsistera jusqu'à sa mort. Il y a donc cette intrigue principale décrite avec minutie et précision ( il faut quand même se fader 643p pour arriver enfin aux remerciements ) mais surtout en arrière plan, le récit de Jaenada sur ...Jaenada lui même. Lui le parisien bobo écrivain père de famille qui quitte sa zone de confort pour se rendre un siècle plus tard sur la scène de crime. J'ai adoré son autodérision. Lui qui débarque dans la cambrousse profonde et qui n'ose pas prendre une bière avant midi, lui qui a peur d'être ridicule en demandant son chemin, lui qui achète des barres chocolatées régressives ( genre malteser et petite brique de jus de raisin ) à la station service. Jaenada nous livre également quelques moments de complicité partagée avec Catherine sa femme et son fils Ernest ; notamment celui de la prise de sa température ( je vous rassure pas avec une serpe ! ) avec un thermomètre. Un petit défaut, ce livre que je qualifierai de biographie historico-policière est un poil de cul trop long.



J' ai emprunté au hasard Rue des fantasques, un polar de André Blancédité chez Jigal Polar.


Une plume très fluide, assassine, avec du rythme et des personnages taillés au cutter.

Simple et efficace, une découverte sympa.



Toujours par hasard j'ai découvert également la plume d'olivier Adam à travers son roman à l'ouest.

On ne lâche pas le bouquin avant de l'avoir terminé. Tout est dans le titre. 3 vies 3 destins qui ne tiennent qu 'à un fil. Marie mère célibataire de famille & de faillite également qui fait tout pour joindre les 2 bouts et élever décemment ses enfants : Antoine 19 ans et Camille 11 ans. Antoine passe son temps à attendre que la vie passe, il est bouffé par le malheur, boit de la vodka au lieu de passer son bac et crame ses neurones dans le joint. Camille tente d'apaiser son frère et de calmer les angoisses de sa mère. Ce petit être si particulier lit en cachette la bible sous la couette pour prier le salut de sa famille et oublier la cruauté de ses « camarades » de classe. Tout cela va prendre fin car dans la vie on a toujours le choix.


J' ai fini la semaine en beauté en lisant les 4 tomes des Bidochon


Robert & Raymonde, ce couple si cliché et pourtant si vrai si sensible. On en prend tous pour notre grade : le mariage, la virilité, la réussite sociale, notre amour de l'argent et du paraître, notre peur géante de la mort et de l'abandon, la répartition des tâches domestiques, la peur du ridicule !


Vive les Bidochon!

mardi 20 mars 2018

Des littératures pour voyager

Aujourd'hui, je vous présente deux romans coup de cœur que j' ai littérairement dévorés.

Le premier m' a été offert par une lectrice aguerrie que je remercie encore une fois vivement pour ce présent.
Il s' agit du chant des pistes de Bruce Chatwin, édité d'abord chez Grasset  en 2013  dans la collection Les carnets rouges, mais que vous trouverez également en poche ( un gros pavé tout de même).

Chatwin est cet écrivain voyageur, humble et poétique qui nous transporte en Australie. Il va suivre pendant quelques mois des sentiers poussiéreux et sinueux à la recherche du " chant des pistes" ou "songline". Ce serait selon la tradition aborigène le chemin de la terre, l'essence même du cosmos dans lequel l'humanité toute entière prend racine. Chatwin sépare son ouvrage en deux parties. 

Dans la première, notre aventurier anglais part à la rencontre des aborigènes et des habitants de lieux souvent tombés volontairement dans l' oubli. Une bière fraîche, un rocking-chair, un premier contact et Twain engage la conversation. Curieux mais jamais intéressé, il n' essaie pas d'imposer son point de vue européen ou ses coutumes occidentales car il a honte. Honte des violences coloniales et des massacres perpétrés par les anglais.  C'est donc un formidable ode à la vie, à la magie des légendes aborigènes et au voyage tant mystique que physique que nous livre ici Chatwin. 
La seconde partie se présente sous forme de petites anecdotes, de compilations philosophiques issues de ses anciens carnets de voyage . J'ai particulièrement apprécié les annotations de Chatwin sur sa condition d'homme blanc, élevé dans la tradition chrétienne qui se retrouve confronté à une autre manière de voir le ciel, le monde, les étoiles. Un très bel ouvrage à offrir de toute urgence aux amoureux du pays des kangourous, du kiwi et de la littérature de voyage.


Le second ouvrage qui m'a fait voyager est un polar recommandé par une amie qui publie sur  la page facebook Des livres Rances que je vous recommande chaudement en cliquant ici pour leur souhaiter une longue vie.
Il s'agit d'un  bon polar de Wiliam G. Tapply : dérive sanglante ; édité en 2007 chez Gallmeister. Ce prof de littérature, passionné de pêche, nous embarque dans le Maine, la région extrême nord-est des états-Unis.
On y respire l'odeur des plaines, on entend le clapotis des truites sauvages, on en vient même à sentir les aiguilles de pins frotter sous nos semelles de randonnée. Le lecteur fait très vite la connaissance de Stoney Calhoun, un être solitaire qui vit en ermite avec son cabot dans une petite cabane en bois. Sa passion vous l' aurez deviné :  la pêche, c'est pourquoi il réussit à se faire embaucher par Kate ( mon personnage préféré, une amazone ! ) jeune femme au caractère bien trempé qui tente de faire marcher son petit commerce dans le monde impitoyablement masculin qu'est celui de la pêche. Le passé douloureux de Calhoun se dévoile au fil des pages. C'est un amoureux des choses simples et des soirées à lire une énorme anthologie de la littérature américaine. Calhoun est amnésique suite à un grave accident dont il ne conserve aucun souvenir. Il souffre de certaines séquelles, notamment d'hallucinations visuelles plus que dérangeantes... Tout va basculer lorsque Lyle, son collègue et unique ami un peu hippie sur les bords se fait  assassiner... Je n'en dit pas plus mais ce qui est sûr c'est que vous aurez sans doute envie de découvrir la suite. L'auteur distille au compte-goutte mais avec ingéniosité des indices croustillants qui donne envie de suivre Calhoun dans ses prochaines aventures. Pour l' ambiance feutrée et la qualité des descriptions des paysages, je hisse dérive sanglante quasiment au même rang que  l'île des chasseurs d'oiseaux de Peter May

Bonne lecture sous la neige ! 







jeudi 9 juin 2016

Je suis ton ombre.


Afficher l'image d'origine

Ayant décidé de reprendre mes chroniques littéraires ( depuis aujourd'hui je vous rassure vous n'avez rien raté ), je vous présente un ouvrage comme je les aime. Totalement inconnu au bataillon, libre de toutes cautions gallimardesques, bien loin du masque de de la plume ( dans le c*** = ciel ).
Donc ce gros bouquin s'intitule : Je suis ton ombre, Morgane, Caussarieu, Les éditions Mnémos, 2014.


  • Dégotage : comme j'adore me fier à mon instinct, je prends très souvent des bouquins au hasard et surtout pas ceux qui reçoivent des prix quelconques. Ce copinage mutuel a tendance à m'exaspérer. Vous reprendrez bien un peu de Mathias Enard non ? ??

Bref, la veille d'un départ en train, je me rends dans ma bibliothèque préférée ( celle avec un solarium ) avec mon sac de courses sur les épaules et un mal de pied incroyable ( si vous aussi vous continuez d'acheter des chaussures qui vous plaisent mais qui ne sont pas adaptées à la morphologie épaisse de votre ossature pédestre ). Donc en gros j' ai 15 minutes et là avant de foncer au rayon polar, je regarde la table des nouveautés. 

C'est surtout la couv qui m'a plu mais aussi le petit encart sur Morgane Caussarieu :
" de la tristesse des campagnes landaises dont elle est originaire à la moiteur des bayous, l'auteur met en miroir l'horreur des enfances perverties....."


  • mini résumé
Dans les confins d'un village paumé loin de la grand' ville, Poil de Carotte est un ado qui vit seul avec son père handicapé. On sent depuis le départ qu'il a subi de gros traumas ; c'est lui qui gère seul la ferme laissée à l'abandon. Le lecteur va être immergé dans ce monde cruel celui de l'adolescence. Là où Morgane le fée à la perfection ( ok je sors ), c'est l' imbrication des univers tantôt ultra réaliste à la Zola, tantôt surréaliste.Ce roman est dans sa forme et dans son fond totalement schizophrène.  Par une mise en abyme très habile, notre anti-héros va s'enfoncer dans un monde humide, angoissant, aux frontières de l'horreur pour partir dans une quête identitaire. Poil de Carotte est prêt à tout pour trouver une place au sein de son groupe, se sentir regardé, voir désiré.
 On alterne ainsi entre la déréliction des Landes ( prononcez le n ) et la folie quasi bouffonne d' un monde ( pas si ) imaginaire où se côtoient grands seigneurs, vampires, prostitué(e)s et esclaves. 

  • mon avis
Très dérangeant mais très novateur. Pour une fois, un conte écrit par une femme qui utilise la narration interne d'un jeune garçon. La mère est une figure de déperdition totale qui est bien éloignée des figures maternelles rassurantes des ouvrages pour la jeunesse. 
Il faut avoir le cœur bien accroché. Viol, pédophilie, deuils prématurés, cadavres animaliers : tous les ingrédients de cet OLNI ( objet littéraire non identifié )  maintiennent le lecteur dans une attente quasi malsaine. La chute du roman a dépassé mes espérances bien qu' elle me paraisse un peu trop fantastique à mon goût. 
Peut-être  le fait d'avoir vécu dans le sud-ouest m'a permis d'accéder à des sensations particulières
( l'odeur des pins, le bruit du sable, la découverte de bunker dans les dunes ) propres à la localisation de l'action. 

  • feuilletage 
"J'entends la chose qui se relève.
Un souffle glacé dans mon cou. Une respiration lourde, pénible, à mon oreille. Ma vessie va lâcher.
Te pisse pas dessus...T'es plus un gosse maintenant, te pisse pas dessus.
La chose s'éloigne.
J'écoute ses pas.Tap, tap, tap. Des pas d'enfant.La même présence que j' avais sentie dans la ferme brûlée.
"Gabriel ?"
Pas de réponse.
Je peux pas me retourner, pétrifié.
J'arrive quand même à porter ma main droite à ma bouche. D'un coup je mords ma paume de toutes mes forces et la chair s'ouvre facile, libérant un peu de sang que j'avale.ça marche : le goût ferreux et la brûlure lancinante me ramènent vers le réél. "









jeudi 8 octobre 2015

Kinderzimmer : une procréation de génie .

Bonjour à tous,
En cette fin d après -midi morose et pluvieuse où il fait quasiment nuit depuis 14 heures, je viens de terminer un ouvrage exceptionnel.
il se trouve qu il a été édité chez un de mes éditeurs fétiches :Actes Sud . Vous le retrouverez aussi chez  Babel .

Ajouter une légende


Kinderzimmer, pour moi qui n est jamais appris l allemand,  m'évoque un terme rude et métallique , comme une fermeture éclair que l'on referme d'un geste sec sur un tissu râpeux. 
Mais après la lecture de cet effroyable roman ( loin d être fictionnel ), le mot prend un sens beaucoup moins sensible. Loin de nous l'image du petit garçon joufflu aux dents biens trop blanches, au col roulé bien trop bleu marine , qui boit son grand verre de lait accompagné de sa barre chocolatée préférée ! 

 Suzanne Langlois est invitée à témoigner dans une classe de seconde sur ses années de déportation à Ravensbrück. Au sein de la classe, une première main se tend volontaire et innocente. La question que cette ado au sourcil percé d un anneau rouge va lui poser,  la déroute: 
 " mais madame comment saviez-vous à cette époque que vous marchiez vers Ravensbrück ? "

C'est de cette question que va découler le récit interne que Suzanne Langlois, alias Mila, va offrir aux lecteurs sous la plume experte de Valentine Goby. 

Je sais bien que les manuels d histoire français focalisent énormément sur cette seconde guerre mondiale et que les génocides africains amérindiens indiens asiatiques et ceux de toutes autres ethnies dont ne nous soupçonnons même pas l' existance sont sous- représentés dans la littérature comme dans les programmes scolaires. 

Seulement voilà , moi qui ne suis ni historienne ni spécialiste en géo-politique, c'est la première fois que je lis un livre qui parle de  maternité au sein d un camp de concentration. 
Mila est bien enceinte de quelques mois lorsqu'elle est déportée pour avoir traduit  des tracts résistants en partitions de musique. 
Sentir un corps étranger peut donc vous faire oublier les cadavres, le froid la faim. 
Le lecteur ne peut s'arracher à cette lecture. Il prie de toutes ses forces (on se fout du dieu invoqué) pour que Mila survive et on pense même à l impensable :que son enfant vive . 
Le récit de Valentine Goby ne s arrête pas là. Elle pousse les limites au delà de l'imaginable pour nous faire vivre par pro-création -curation une nouvelle espèce de maternité : la solidarité . La vraie , celle qui tue et qui vous maintient en vie à la fois.  
Je n'en dirai pas plus. Amis lecteurs ( ou non ) ruez-vous a la médiathèque la plus proche . 
À remettre dans toutes les mains, les bibliothèques, les cdi . Le lynchage de truc much air france m'est apparu tellement minable . Quelle blague : un tee shirt  déchiré pour un lynchage médiatique qui va lui rapporter une troisième couille en or. 
Ce témoignage, celui de Mila,  est un lynchage et  Ravensbrück une immondice nazie. Pour que toutes ces femmes et  hommes qui se sont battus ne soient pas oubliés au profit de nos petites préoccupations modernes, plongez - vous dans Kinderzimmer. Cela ne m'a pas fait de mal de me faire rappeler que somme toute, nous ne sommes que peu de choses.
Valentine Goby est une déesse de la pro-création . 
Merci 

dimanche 4 octobre 2015

Quand Anna n' aimait pas Tchekhov

la maison des métallos, lieu propice aux rencontres, débats, projections et représentations de toutes sortes, a permis la tenue de cet incroyable spectacle, véritable tranche d' humanité. Les actrices ? que nenni ! Pas d' actrices mais des femmes et quelles femmes. 

Deux ampoules sur cinq ou des destins féminins, féministes et militants hors du commun. Une pièce à la fois mis en scène et interprétée ( en partie ) par Isabelle Lafon.
Billet nocturne qui se place de lui même sous le signe de la Russie,de la Littérature et de thé amer, le tout accompagné de volutes de fumée.
Le contexte historique est lourd : celui des grandes purges Stalinienne. 
écrire pour survivre, pour se sentir vivante lorsque mari et enfant sont déportés pour leur liberté de pensée et d' écrire.  





Je vais tâcher d' être porte parole de cette pièce extraordinaire de  par sa dureté , son humanité et sa brillance. C'  est une retranscription des rencontres quasi quotidiennes entre Lydia Tchoukovskaïa et Anna Akhmatova entre 1938 et les 25 années qui suivront.






DEUX AMPOULES SUR CINQ - D.R.



brève présentation. 
A gauche, Isabelle Lafon incarne est  Anna Akhmatova, cette auteure poétesse née en Ukraine à la fin du XIXème siècle.

Anna écrit, des poèmes, la forme littéraire la plus complexe à produire. En effet, elle consiste à dire le monde avec les mêmes mots que ceux que l' on emploie quotidiennement pour inviter un voisin à venir boire le thé : "le matériau du poète c' est la boue". Anna est interdite de publication à partir de 1922 et est radiée du cercle des auteurs de littérature russe. 
Et la boue est en effet bien présente. La boue, le froid, la neige, la déportation, les rats, la famine, la peur des dénonciations. On a le souffle coupé, les larmes aux yeux, nos frissons sont justifiés et provoqués par ces phrases, ces mots, cette poésie mis en voix.


Résultat de recherche d'images pour "anna akhmatova"
Anna Akhmatova : 
A droite de la photographie,nous voyons la fantastique Johanna Korthals Altes qui incarne LydiaTchoukovskaïa  . Lydia est une femme de Lettres : lorsqu' elle s' exprime, c'est du bonheur à l' état pur pour nos cerveaux de linguistes.La respiration et la tonalité s' unissent pour faire sens. 
 Le père de Lydia  possédait au début du siècle dernier une maison d' édition spécialisée dans la jeunesse. Lydia va rencontrer Anna  dans son appartement pour la première fois en 1938. Elle va se  constituer   porte-parole, corps et âme d' Anna en transcrivant fidèlement leur rencontre dans un petit carnet de notes. Lydia  ne s' interromp jamais. Sa diction est parfaite son positionnement impeccable. Lorsque les oreilles ne sont pas touchées par la grâce de sa voix, c'est le regard qui prend le relais. Une classe incroyable dans un écrin de sobriété absolument maîtrisée. 

Résultat de recherche d'images pour "lydia tchoukovskaia la plongée"
lydia Koutchovskaïa

Les ressemblances entre auteures et actrices sont plus que saisissantes. Jugez par vous même. 
L' amour des grands écrivains et de leur culture russe ont soudé le destin de ces deux amies. Elles nous livrent, à travers la plume de Lydia, leurs échanges et discussions autour de la Littérature. C'est ainsi qu' on apprend assez brutalement qu' Anna déteste Tchekhov car " il n' apprend rien à son lecteur"  Lydia a toujours été  impressionnée par Anna depuis toute petite. Aussi lorsqu' elle devient sa confidente suite à la déportation de son fils, c'est avec son cœur , ses tripes et son âme qu' elle décide d' apprendre par cœur tous les poèmes de Lydia avant de les brûler clandestinement. 

Pinçant nos lèvres bleuies,
Hécubes devenues folles,
Cassandres de Tchoukhloma
Portant des couronnes de honte,
Nous serons un chœur de silence :
" Au-delà de l'enfer, il y a nous. "

POÈME SANS HÉROS, deuxième partie (strophe 25). 


Les spectateurs retiennent leur souffle, ceux  du premier rang  éclairent la scène dénudée, grise et volontairement noire . Mais il y a l' essentiel. Deux femmes qui se parlent et des livres posés sur un simple bureau de bois brut. Deux femmes qui arrivent même à faire parler un album photo que le spectateur ne peut pas voir. 

     
Une  mise en scène à la fois minimaliste et extrêmement travaillée. 
J' espère vous avoir donné envie de ( re) lire vos classiques russes comme 
Boris Pasternak et son docteur Jivago.
Et à découvrir bien sûr : 
La Plongée par Tchoukovskaïa
Ajouter une légende
Poème sans Héros par Akhmatova   


La pièce passe désormais à la maison des Métallos de Toulouse : courez vous ne serez pas déçus ! 

vendredi 3 avril 2015

Féminité exacerbée à la Halle Saint Pierre

Bonjour à tous, 
Un petite pause aujourd'hui pour vous en mettre plein les mirettes. Certains collègues se moquent gentiment de moi avec mes articles " sur des expos glauques et sordides". Donc je continue pour vous présenter quelques œuvres picturales découvertes dans un de mes lieux fétiches parisiens La Halle Saint-Pierre. 
Dès que je m' engouffre sous cette verrière, le bruit des flashs et des talons qui martèlent les marches de la Butte s' évanouissent. Une odeur de café vous chatouille les narines et un petit diable cornu vous chuchote dans le creux de l' oreille : "rentre dans cette fabuleuse librairie dédiée à l' art naïf, la folie artistique et la folie humaine."
 Ta carte bleue te dira merci et ton chéquier à la fin du mois aussi ! 

Du 21 janvier au 14 Aout 2015, la Halle Saint Pierre s' associe aux éditions des Cahiers Dessinés pour nous offrir une exceptionnelle expo sur le dessin. Dessin figuratif, décoratif, humoristique, torturé, érotique, militant, (de) presse, illustratif, dérangeant ou souriant. Il y en a pour toutes les mirettes. 
 Le dessin n' est plus perçu comme le brouillon préambule de l' artiste mais bien comme un moyen d' expression aussi fort et puissant que peuvent l' être la sculpture ou la photo.
  • La salle du bas est comme à son habitude plongée dans le noir. Les seules ombres calfeutrées qui se reflèteront sur les œuvres seront celles de vos corps plongés dans une interrogation continuelle pour tenter de capter l' intention des dessinateurs. No flash, No Photo No comment. Respiration coupée. A part 4 petits dessins de Victor Hugo et de Roland Topor, Sempé et Tomi Ungerer je ne connaissais AUCUN artiste.
  • Lorsque l' on grimpe les marches dégingandées, on atterit dans une deuxième salle immense, blanche , rehaussée de cette verrière majestueuse que j' aime tant. On y respire plus facilement pour admirer des œuvres à mon sens plus accessibles car pour beaucoup éditées dans le monde de la presse et de l' illustration. Les noms sont un peu plus connus ( enfin pour ceux qui commentaient autour de moi !).
Jean-Michel Jacquet Exposé en 2004 à l'Espace Courant d'Art.
J' ai décidé de ne pas commenter d' œuvres particulières  mais de vous laisser découvrir celles qui m' ont particulièrement marquée. En espérant que cela vous donne envie de découvrir cette expo si particulière qui bouscule l' intime et notre représentation du monde et de la féminité . 
Féminité moderne épurée versus les grottes de Lascaux dans ce dessin de Jacquet



Paris ou Bourges  dans les marécages début 20ème; dessiné par un homme transgenre  à la fois clochard virtuose  et femme déguisée. Hommage à Marcel Bascoulard.




Les cahiers dessinés...
Bascoulard : Dessinateur virtuose, clochard magnifique, femme inventée


Un bond dans le temps avec ce dessin de Mélanie Delattre-Voght

Un dessin tout en rondeur courbe et dilution d' aquarelle qui donne un sentiment de malaise malgré sa féminité exacerbée. Viscères et boyaux supportent en eux cette matière gluante qui véhiculent tant la mort que la vie
Son titre : La vie dans les plis ( 2009) . Oeuvre  inspirée de l' œuvre d' Henri Michaux qui porte le même titre.



Le clair obscur dessiné tout en nuance de gris ( c' 'est d' actualité paraît-il).
Anne Gorouben, 2009.

Extrait de "100 boulevard du Montparnasse"
Parcequ' on ne peut pas la prendre pour un Pigeon Laure. La preuve :

Laure Pigeon dans son œuvre, réinvente les matières associées à la féminité pour les détourner et les mettre en valeur brutalement. Les volutes de fumée sensuelles peuvent asphyxier, les motifs floraux suffoquent et transpirent quitte à exploser de couleurs. On imagine la nausée qui émane de ces parfums capiteux.  La dentelle devient sous la mine graphite du grillage tranchant. 

Jacob, le père d'après Bruno Schulz

Un dessin qui m' a énormément plu. Quand je me suis renseignée sur l' artiste voici ce que j' ai trouvé : Les corps des acteurs, mannequins, marionnettes et objets se mêlent ici au silence et au vide, à la musique, aux murmures et aux chuchotements dans une langue inconnue. Plusieurs sujets se télescopent dans cet univers schulzien, autour de la folie, de la féminité, des origines et de l’identité ; autour du démiurge et de sa créature, de l’artiste et de la naissance de l’art…
étonnant non ?




allez encore Une : Josefa Tolrà : hommage à une catalane méconnue.
Un univers proche de Klimt mais aussi Muncha et Joana Vasoncelos.
et pourtant, cette femme a commencé à dessiner à 70 ans sans aucune technique, en totale liberté. De ses calligrammes émanent de la magie.  Ses dessins enfantins et simples sont une lutte contre la dépression. Cette cartomancienne du dessin dépasse toutes critiques.
les cahiers dessinés l'exposition,halle saint-pierre,frédéric pajak img_6009-josefa-tolra1.jpg (827×551)


Allez encore Une mais promis c' est bientôt fini.
Les monstres féminins, des créatures  hybrides, des enfants avec des excroissances, des corps féminins déformés : c'est très déroutant. Mais cela résume bien la vie de Unica Zurn, née à Berlin en 1916. Unica perd très tôt ses parents, accouche sous les bombes ( au sens proprement historique). C'est à la suite de son divorce, qu' elle perd la garde de ses enfants ( rare à l' époque). Sa rencontre avec Hans Bellmer va la propulser sur la scène surréaliste.
Elle mène une vie de Bohème, sa personnalité border et son internement à Saint-Anne la mèneront au suicide en Octobre 1970
zürn

 Je trouve cela magnifique et douloureux.

Allez La boucle est bouclée. J' ai débutée cet article par une femme qui boit un verre de rouge. Voici ma seconde activité préférée : La Sieste parfaitement dessinée par Felix Vallotton







Profitez de ce week- end  prolongé pour courir voir cette expo.





























dimanche 15 mars 2015

Carmilla, nous voilà

Bonjour, 
Aujourd' hui un petit billet qui fait du bien.
Si comme moi vous adorez flâner dans les librairies pour dégoter de vieux bouquins qui sentent bon la poussière, vous adorerez  Tendance Négative.
Tendance négative c'est trois amoureux du livre : un graphiste, une libraire, un prof d' histoire ( et oui il en faut ) qui montent leur petite maison d' édition en totale auto-édition. 
La présentation de l' équipe de  Tendance Négative c' est ici.

Pour le lancement de leur premier ouvrage, ils ont choisi de s' attaquer au très sulfureux et mordant Carmilla, de Sheridan Le Fanu. 
Pour ceux comme moi qui ne sont pas des spécialistes des écrivains écossais du 19ème siècle, Sheridan la Fanu a été un des premiers à  mettre en scène une figure féminine de vampire au cœur d' une énigme littéraire.

Pour vous donnez l' eau à la bouche, Bram Stocker lui même dit s' en être inspiré pour rédiger son célébrissime Dracula. Donc si vous aimez le fantastique, les ambiances feutrées et les amours interdits : FONCEZ! 

si vous voulez que ce projet lancé il y a deux semaines voit le jour, vous pouvez participer.
le lien pour financer le projet c' est ici.

Moyennant quelques deniers, repartez avec un magnifique ouvrage, des marques pages, affiches ou sacs sérigraphiés en édition limitée !! 
par exemple moyennant 30 €, repartez avec : une affiche sérigraphiée  de bon goût pour une digestion assurée après une fondue bourguignonne saignante, un ouvrage dédicacé avec une reconnaissance éternelle, des badges humour noir ! 
et il y en a pein d' autres à choisir.

Il y en a pour tous les budgets.

Je vous laisse découvrir la page du projet mais le principe est simple : réadapter l' objet livre en fonction du contenu et je peux vous assurez que pour avoir vu les bons à tirer : c' est tout simplement magnifique.......


Large_visuel-home-carmilla-tendance-negative-1424533166

et regardez à l' intérieur, chaque page est partitionnée en rouge et noir. Stendhal doit se retourner dans sa tombe !! 
Chez l’imprimeur !


Merci d' avance à ceux qui prendront le temps d' aller découvrir leur travail, de partager aux amoureux du livre et pourquoi pas se jeter à l' ail pour participer ! 
Bon dimanche

jeudi 26 février 2015

emi n ° 7 : ça progresse sur esidoc.

Esidoc est le portail documentaire des CDI, administré par le Canopé de Poitiers.
Son ancêtre BCDI-web  est un outil avec lequel j' ai  très peu travaillé  ( sauf pour le catalogage du fonds bien sûr ). En effet,  la recherche sur un catalogue normé ne me paraissait pas être un savoir-faire indispensable. Trop austère, trop normé, trop de requêtes sans résultats. Bref j' étais plutôt d' accord avec l' avis de mes élèves qui s' en sortaient bien mieux de manière intuitive dans les rayonnages.  
OK, cet argument n' est pas valable dans les établissement de grande taille. et puis cet argument n' est pas très professionnel pour nous les profs-docs.
C'est pourquoi je me suis lancée à la conquête d' esidoc mais pour le faire découvrir à mes élèves comme outil de la recherche n ° 1. En effet, avec la fin de pinterest en accès libre pour les revues de presse  et le déclin de plus en plus certain de netvibes, je me suis dis : il  faut un outil simple qui recense tous nos outils de veille et de présentation en un seul point d' accès!

Les gros avantages  d' Esidoc pour l' établissement : 
  • Les carrousels qui défilent offrent une réelle dynamique de présentation : mes lectures , les nouveautés, les coups de coeur.
  • La possibilité de créer des revues de presse mensuelles comme pinterest ( mais sous forme de carrousels ) 
  • la possibilité de rendre visible des sites internet catalogués
  • l' actualité du CDI pour nos expos par exemple ou l' arrivée du nouvelles commandes.
  • Intégrer nos autres outils internet à partir d' un autre onglet. Pour ma part " CDI connecté"sans parler des nombreuses possibilités de paramétrages.

Pour cette mini progression avec les élèves, j' avais envie qu 'esidoc devienne un outil malin qui leur permettent de gagner du temps.
Voici les thèmes de mes trois séances consacrées à esidoc
emi n ° 7 : esidoc fonctionnement + recherche de notices
emi n ° 8 : esidoc découverte des carrousels
emi n ° 9 : esidoc niveau expert avec auto- évaluation

emi n °7 ( un peu conventionnelle) : principe de fonctionnement + découverte de notices
j' ai évité les phrases trop longues dans les cahiers....
-brainstorming autour du mot esidoc ( easy + document ). Nous faisons une technique du soleil
Nécessité absolue de leur faire comprendre que l' on ne trouve pas les livres du CDI mais les notices bibliographiques des 4 familles de documents : fiction + documentaire + périodiques + sites internet.
J' ai essayé de simplifier au maximum pour un niveau 6ème.
 notice = petite fiche qui décrit le document.
- dessin collectif  une notice vierge avec les éléments de description purement classiques ( en gros un rectangle avec les mots listés suivants )
titre / auteur / éditeur / résumé / mots-clés / nbre de page / cote / couleur marguerite ( si documentaire) / adresse URL ( si site Internet) / date de publication / statut dispo emprunté indispo/
- distribution fiche pour la mise en activité, lecture collective des objectifs. Repérer les éléments d' identification d' un ouvrage grâce à sa notice bibiliographique.
- mise au travail 
bilan de la  première séance : pour toutes les classes, la prise en main d' esidoc est intuitive
les élèves reconnaissent souvent que les éléments d' identification à remplir dans le tableau proposé sont les mêmes que ceux de la course aux documents !! OUF 
le seul bémol : c'est que pour avoir accès à la notice en entier, il faut RE cliquer sur le titre.
Les élèves sont ravis d' aller sur Internet. Le deal de un point par ligne réussie a très bien fonctionné. 

Le challenge des futures séances : dépasser le simple repérage pour trouver de l' information qui répond à un réél questionnement. 
emi 8-9 très bientôt à disposition.
Bonne journée.